 Journal du CNRS I I I
" Pierre Joulain : C’est un aspect de la flamme dont on ne tient pas suffisamment compte. Au laboratoire, nous étudions la chaleur, la vitesse, la pollution, la mise en mouvement d’un arbre à came où d’une fusée. Le son que produit la flamme et son esthétique ne font pas partie, à ce jour, de nos préoccupations majeures.
Michel Moglia : Ce n’est pas tant l’esthétique de la flamme qui m’intéresse que l’effet qu’elle produit en mettant une colonne d’air en vibration, c’est à dire jamais de la même façon. Le rendu sonore est alors beaucoup plus proche du vivant, avec tous ses impondérables. On sait que l’oreille "écoute" davantage quand le son n’est pas totalement fixe.
PJ : De fait, un tel son est représentatif de la structure complexe de la source de chaleur. On ne peut jamais produire un phénomène parfaitement isotherme.
Entre l’homme et le feu, il y a toujours eu une part d’incompréhension. Ce qui donne à penser sur la pertinence d’une "science de la complexité"… "
Michel Durel
 I I I Paris Match. 18 Octobre 1990
Cet été, deux français ont fait chanter une centrale thermique:
Ça swingue en Sibérie
L'Oural jusqu'à présent passait surtout pour une terre de déportation. Mais la perestroïka a, là aussi, tout changé. Et ces lieux sinistres d'archaïsme politique se transforment en lieux bénis d'avant-garde musicale. Au mois d'août, Michel Moglia, sculpteur et flûtiste classique, et son assistant, Nicolas Sersiron, ont fait chanter la centrale thermique de Dobrianka, à quelques kilomètres de Perm...
Alain Spira
 I I I France-Soir, mercredi 12 septembre 1990
10 000 branchés pour un concerto en Sibérie majeure
Dix mille Soviétiques - dont quelques ministres - viennent de se lancer dans la nuit à travers la taïga pour rejoindre le chantier de la centrale de Dobryanka, au confin de la Sibérie.
Le français Michel Moglia avait planté son "orgue à feu" (notre photo) dans ce décor d'apocalypse pour le plus étonnant concert de la perestroïka. L'instrument aux immenses possibilités sonores est un ensemble de tuyaux, de longueurs et d'alésages soigneusement calculés, montés sur un bâti pyramidal.
Flûtiste classique de formation, Michel Moglia joue de son instrument en déplaçant des brûleurs à gaz à intensité variable sur les embouchures.
La société ouest-allemande Asea Brown Boveri, spécialisée dans la livraison clé en main de centrales électriques, ayant sponsorisé un de ses concerts, Michel Moglia avait lancé - manière de boutade - qu'il aimerait bien jouer dans l'une d'elle. " Chiche " ont répondu les allemands en ajoutant qu'ils avaient justement un chantier en cours au nord de l'Oural.
En mai, l'organiste se rend en Union soviétique en compagnie de son complice Nicolas Sersiron.
" Le patron de la centrale, M Dobrianov, a été emballé à l'idée du concert, raconte Michel Moglia. D'autant que cela lui permettait de faire venir les hauts responsables de Moscou au moment de débloquer les fonds pour les dernières tranches et de leur faire rencontrer les gens d'ABB."
Cinq jours avant le concert rien est prêt. Et puis la machine soviétique se met en marche. En une journée, les bulldozers géants nivellent des tonnes de gravats pendant que Nicolas Sersiron et une escouade de soudeurs sélectionnent et montent les tubes.
" Les autorités avaient prévu 2 000 spectateurs, ils étaient 10 000, " sourit Michel Moglia. " Une assistance très vivante, branchée, venue vivre l'aventure diabolique de la liberté. Le landemain, les hauts responsables de l'énergie soviétique nous ont emmené pour une promenade sur le fleuve Kama et ont improvisé un concert digne des chœurs de l'Armée rouge avant de nous accompagner au sauna !
Curiosité, chaleur et gentillesse, dans cette Russie à la limite du chaos, ils osent ce que personne ne ferait ailleurs."
A ce jour, nul n'a proposé mieux que la centrale sibérienne à " l'organiste d'enfer ", mais il cherche.
Jean François Crozier
Luci d'Artista, Torino
 New experimental Instrument
Sao Paulo
 Belo Horizonte
 Finlande
 Performance indoor FORGES DE BRESCIA domenica, 19 settembre 2010 Un benvenuto da parte dei padroni di casa di Aso Forge, per la famiglia Artioli il portavoce è stato Francesco Uberto, anche presidente del Gruppo Giovani Imprenditori; il saluto dell'assessore comunale alla Cultura Andrea Arcai e del sindaco di Castegnato Giuseppe Orizio. Poi, davanti a 380 spettatori, sotto una pioggia battente, nel nuovo stabilimento di via Padana Superiore si è alzato il sipario sulla nuova rassegna «Fabbrica Brescia», che celebra i 50 anni del Gruppo Giovani di Aib. Una sirena, il carro ponte che avanza portando alla ribalta lo schermo su cui sarà proiettato il video, i forni che scalpitano. Arriva il fuoco. Michel Moglia accende alcune fiaccole, poi una fila di fiammelle, un'altra. Tenta le canne del gigantesco organo con la fiamma, quelle iniziano a stridere suoni animali. Javier Girotto si dà da fare al sax, sapiente, Enrico Ranzanici racconta con le immagini la potenza e la poesia della forgia. I suoni crescono, siamo sul fondo del mare, ecco la colata, siamo nell'antro di Vulcano, nel cuore del segreto rubato da Prometeo. Si aggiunge il bofonchio del didgeridoo di Manu Kao, scavato dalle termiti: suono di una bestia che si sveglia, rantolo della terra che prende allo stomaco, e tutto che intanto sputa fiamme, il video e le canne d'organo. Fuoco e sax, poi ancora fuoco, suonano le canne grandi come una balena che si risveglia, e le piccole, rumori sordi dal fondo del mare, orche che si chiamano. Ecco il domatore del fuoco, lui come quelli della forgia, abituati al calore, al pericolo, alla fatica. Lingue spaventose si levano dallo strumento infernale di Moglia, suscitano un terrore ancestrale, tenuto a bada dalla ragione. Lui con la tastiera comincia a sparare forte, spara fuoco e suoni dalle lunghe canne, saldatore di infinito, mentre il giuoco dei tre musicisti si fa serio, intenso. Moglia accende e spegne quando vuole, ci acceca o ci riscalda, a piacer suo, ci illumina e ci spegne. Siamo in suo potere. Ma il meglio deve venire: uno dei tre forni di riscaldo si apre, a mostrare la sua luce arancio, incandescente, forte dei suoi 1.200 gradi che a percepirli così da vicino quasi intimidiscono. Il carro-ponte avanza maestoso, porta la pinza gigantesca che afferra il lingotto infuocato, fumante, e lo solleva, luminoso e quasi trasparente nel buio. Si apre il secondo forno, ne esce un carrello, la pinza posa il lingotto e il forno se lo inghiotte. È un momento di tempo sospeso, ma l'organista è in agguato e ruba la scena per l'impressionante finale: lingue di fuoco lambiscono il tetto del capannone, imperiose ci tolgono il respiro, mentre questo concerto unico va verso la fine, non prima di averci stupito e riscaldato (letteralmente) nella fredda sera. Un trionfo, una meraviglia per l'equilibrio delle parti, per la fusione con l'ambiente intorno. Gli artisti non dimenticheranno la forgia, la forgia serberà il ricordo di loro. «Fabbrica Brescia» ha dimostrato tangibilmente di essere un progetto davvero innovativo, foriero di performances uniche e irripetibili, a raccontare ed esaltare il lavoro, a sacralizzarlo come l'arte sa fare, proiettandolo nel tempo che non passa, ma rimane intatto nella memoria e nel cuore. riproduzione riservata © www.giornaledibrescia.it
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